Thème de la 5ème édition : Eblouissements

La 5e Biennale de Lubumbashi, Rencontres Picha, « Eblouissements » s’interroge sur notre pouvoir d’agir face aux forces visibles et invisibles, symboliques, imaginaires, mentales, personnages ou choses qui gouvernent notre monde. Dans son livre  L’impérialisme postcolonial, Joseph Tonda (2015) évoque la violence de l’imaginaire qui s’exerce sur le monde contemporain à travers ce qu’il nomme des « éblouissements ». Dans leurs multiples acceptions, les « éblouissements » peuvent signifier des émerveillements, des séductions, des fascinations, des aveuglements qui, dans des contextes particuliers, des situations de changements brutaux, de bouleversements et d’expériences de transitions provoquent des visions, des états hallucinatoires, des illusions ayant la particularité d’être réels pour ceux qui les vivent.

Au travers de ses différents volets, la 5e édition de la Biennale veut porter une attention particulière aux mécanismes de production de l’espace dans la ville et sur les problématiques de l’image contemporaine dans ses développements au point de vue local. Les processus désordonnés et hétérogènes qui créent la ville de Lubumbashi inspirent des protocoles particuliers aux artistes. Cette dimension spatiale s’avère un outil critique indispensable à disposition des artistes pour appréhender les dynamiques urbaines qui contribuent à produire  et à reproduire divers mécanismes sociaux et économiques et à perpétuer des représentations.

Dans les pratiques artistiques actuelles, l’appropriation de l’image ainsi que son hyper accessibilité créent les conditions d’une stimulation particulière pour l’artiste, mais le condamne en même temps à la position de simple recycleur de matériaux mass médiatiques. Son modèle opératoire est devenu, d’une part, technologique et d’autre part, il se base sur le mixage de matériaux visuels prélevés hors du champ de l’art. Il n’est plus obligatoire pour l’artiste de créer de nouvelles images, mais uniquement se connecter à leurs flux incessants ou en détourner le torrent.

Les murs de la ville constituent aujourd’hui un média à part entière, notamment  à travers les écrans plats géants, les publicités animées qui pour le meilleur et pour le pire incitent à la consommation/ostentation illimitées. La nouvelle ville-écran cristallise les dynamiques des sociétés contemporaines, leurs maux, leurs errances.